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Le voyage auquel Les Timbres nous invitent n’est pas sans danger ! D’abord, il nous faut marcher pendant des jours jusqu’à parcourir à pied les 400 km qui séparent Arnstadt de  Lübeck ! À l’arrivée, peut-être nous propose-t-on, nous dit la légende, d’épouser une jeune personne qui, bien que fille d’un des plus illustres musiciens d’Allemagne du Nord, est particulièrement laide… Ou peut-être entendrons-nous à notre retour des remarques acerbes sur nos aptitudes de compositeur venant des autorités de la ville d’Arnstadt se plaignant que nous fassions depuis ce voyage “d’étonnantes variations dans [nos] chorals, que [nous] y [mêlions] des accords étranges, de telle sorte que la communauté en est fort troublée.

Voilà ce qui arrive au jeune Bach qui, à vingt ans, demande à la ville d’Arnstadt où il est organiste, un congé de quatre semaines afin de se rendre à Lübeck rencontrer le célèbre organiste Dietrich Buxtehude. Il y reste finalement quatre mois ! Il faut dire que Buxtehude bénéficie en tant qu’organiste et compositeur, d’une aura exceptionnelle rehaussée du prestige acquis par ses Abendmusiken, concerts spirituels auxquels il donne un véritable faste au cours des quarante années qu’il passe à Lübeck.

De façon surprenante, les premières publications de Buxtehude sont des sonates en trio, forme emblématique de l’époque baroque, où la viole de gambe possède, tout comme le violon, sa propre partie obligée. Bien que cette forme soit de nos jours relativement peu connue du public, elle est appréciée à la fin du XVIIème siècle, en témoignent les publications simultanées en 1693 et 1694, d’opus pour violon, viole de gambe et basse continue des compositeurs Krieger, Erlebach et Buxtehude.

Ainsi, Les Timbres nous proposent un programme riche et varié ou, si la forme en trio est immuable les styles sont multiples, naviguant du Stylus Fantasticus de Buxtehude à celui quasi galant de Telemann, en passant par la rigueur contrapuntique de Bach.

Avec

LES TIMBRES

Yoko Kawakubo, violon

Myriam Rignol, viole de gambe

Julien Wolfs, clavecin

Chapelle de l’Hôtel-Dieu

Quand

lundi 11 mai – 20h30

Les racines de Bach, sonates en trio

Dietrich Buxtehude > 1637-1707

Sonata III > Suonate à doi - Opera prima > Hambourg, 1694

Adagio | Allegro | Lento | Vivace | Largo | Presto | Adagio-Lento

Philipp Heinrich Erlebach > 1657-1714

Sonata Terza > VI. Sonate > Nuremberg, 1694

Adagio-Allegro-Lento | Allemande | Courante | Sarabande | Ciaconne | Final-Adagio

Johann Philipp Krieger > 1649-1725

Sonata seconda > XII Sonate > Nuremberg, 1694

Andante | Largo | Presto | Largo, Aria d‘inventione

***

Dietrich Buxtehude

Sonata VI > Suonate à doi - Opera prima > Hambourg, 1694

Grave | Allegro | Con discretione | Adagio

Vivace | Adagio | Poco presto, Poco adagio, Presto, Lento

Johann Sebastian Bach > 1685-1750

Sonate en Sol M. - BWV 1027/1039

Adagio | Allegro ma non tanto | Andante | Allegro moderato

Georg Philipp Telemann > 1681-1767

Trio X > Essercizii Musici > Hambourg, 1740

Dolce | Presto | Pastorale | Vivace

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