
J'avais 10 ans lorsque j'ai été autorisé par mon professeur à jouer un mouvement des Sonates et Partitas de Bach. J'étais prêt, selon lui. Prêt à quoi, je n'en savais rien. Mais le fait est que je me souviens de l'attente, de voir des camarades de niveau plus avancé, qui étaient déjà en train de s'y atteler. Je me souviens aussi du plaisir que j'avais encore plus jeune à écouter la musique de Bach. Je trouvais ses mélodies plus faciles à mémoriser que celles des autres compositeurs, presque sans effort, comme logiques, d'une logique belle, qui procure des émotions.
C'est donc avec le plus grand plaisir qu'après quelques décennies passées à remettre sur l'ouvrage ces pièces mythiques, je consacre une partie de mon temps à les jouer en concert.
Fasciné par les œuvres pour clavier de Bach, et les pièces pour orgue en particulier, j'ai tenu à intégrer une fugue à ce programme. La fugue est une forme d'écriture polyphonique par essence, c'est pourquoi une fugue pour violon seul, en respectant le contrepoint tel qu'il le fait, est une véritable prouesse. J'ai choisi la Sonate en la mineur non seulement pour sa Fugue, mais aussi pour l'éloquence du Grave qui sert d'exorde au concert, et pour l'Andante qui est peut-être la plus belle pièce qui soit écrite pour violon.
Je tenais aussi à intégrer au programme une fantaisie pour violon sans basse de Georg Philipp Telemann. Outre l'élégance et la vitalité que l'on trouve dans sa musique, et ses liens amicaux avec la famille Bach, je trouve le personnage impressionnant par l'étendue de ses compétences, mêlée à une curiosité sans bornes qui fera évoluer son style jusqu'à la fin de sa vie. Je dois admettre que sa volonté revendiquée d'écrire pour le plus grand nombre, en visant toujours le plaisir de l'auditeur et de l'exécutant, lui attire toute ma sympathie !
Quant à la musique du luthiste Silvius Leopold Weiss, je l'ai découverte par hasard. Au milieu d'un rayon de disques d'occasion, j'ai d'abord été frappé par la similitude presque exacte des dates de naissance et de mort avec celles de Bach. J'ai ensuite découvert ses pièces pour luth et j'en suis resté bouleversé par sa profondeur, son vocabulaire qui lui est à la fois propre et si proche de Bach. Par l'exercice de transcription, je vise surtout à faire découvrir cette musique à celles et ceux qui ne la connaîtraient pas encore, et en quelque sorte à rendre hommage à ces œuvres qui ont tant nourri mon goût et ma compréhension musicale en général.
Enfin, pour clôturer le programme, j'ai opté pour la troisième Partita en mi majeur. Avec son Prélude en guise de feux d'artifice, il s'agit de jouer rien de moins qu'une pièce orchestrale écrite pour violon seul ! Cette Partita est remarquable non seulement par la joie irrépressible qu'elle procure, mais aussi pour le côté entraînant, quasi folklorique de certaines de ses danses, car on y découvre une autre facette de Bach, ce compositeur immense !
Avec
Simon Pierre, violon
Où
Chapelle de L'Antiquaille
Quand
mardi 12 mai – 20h30
Entre temps, voyage pour un violon seul
Johann Sebastian Bach > 1685-1750
Sonata 2da a Violino Solo senza Basso en la m. - BWV 1003 > 1720
Grave | Fuga | Andante | Allegro
Silvius Leopold Weiss > 1687-1750
Sarabande de la Sonata 7 en do m.
Georg Philipp Telemann > 1681-1767
Fantasia VII per il violino senza Basso en Mi b M. - TWV 40:20 > 1735
Dolce | Allegro | Largo | Presto
Silvius Leopold Weiss > 1687-1750
Allemande de la Sonata 7 en do m.
Johann Sebastian Bach
Partita 3za a Violino Solo senza Basso en Mi M. - BWV 1006 > 1720
Preludio | Loure | Gavotte en Rondeaux | Menuet 1re | Menuet 2de | Bourée | Gigue
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May be Bach 2026#3
