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Les Saôneurs
collectif d'artistes lyonnais

Les Saôneurs est un collectif d’artistes lyonnais pour la plupart musiciens issus du CNSMD de Lyon. Il s’est constitué à l’automne 2020, fort de l'expérience douloureuse parfois de la crise sanitaire de la covid… Notre objectif est de nous réapproprier les champs de l’art vivant et, poètes et rêveurs, de surprendre le public lyonnais par une saison de musique de chambre exigeante – Vitez aurait dit élitaire pour tous - où l’élégance, le raffinement et les grandes œuvres du répertoire côtoient la simplicité et le partage. Nous sonnerons les 4émes mardis du mois, de novembre à avril en la chapelle de l'Antiquaille, et d'avril à octobre en la chapelle de l'Hôtel-Dieu.

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La
Chapelle de

L'Hôtel-Dieu 2024

Les Saôneurs, pour leur troisième saison vont faire vibrer la Chapelle de l’Hôtel-Dieu jalon de l’histoire de l’architecture lyonnaise au cœur de la presqu’île. Au 17ème siècle, la chapelle participait d’un parcours de façades monumentales qui, avec l’Hôtel de Ville et la loge du Change, affirmait le pouvoir laïc naissant. Unique chapelle baroque entièrement décorée, la qualité de l’utilisation du trompe l’œil, de reliefs et de matériaux nobles joue avec la lumière afin d’illuminer le lieu de l’intérieur. Propriété des Hospices-Civils-de-Lyon, ceux-ci mènent un projet de restauration d’envergure depuis 2007 et c’est tout naturellement que les Saôneurs, au-delà d’entrer en résonnance avec la majesté de l’édifice, contribuent à sa restauration.

May be Bach - 2024#1
1er Festival Bach de Lyon

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May be Bach 2024#1

Si la haute et belle figure d’Anna Magdalena Bach, compagne du génie, est chère à de nombreux mélomanes, sa personne, sa vie même demeurent insaisissables. Après une trop brève carrière de chanteuse, elle fut vingt-huit années durant l’admirable épouse de Bach et la mère de treize de ses enfants. Mais elle ne fut pas la seule au nombre des femmes proches du musicien. Il y eut aussi la première épouse de Jean-Sébastien, Maria Barbara, qui devait lui donner sept enfants en douze années d’union. Et aussi les filles du compositeur, les parentes, les amies et les collaboratrices.

Certes les sources historiques sont ténues  –  les  Bach  n’étaient  pas des « people » et l’on écrivait peu sur eux – mais la recherche progresse ! Au fait des découvertes les plus récentes, si modestes soient-elles, Philippe Lesage, représentant pour la France de la Société Bach Internationale - la Neue Bachgesellschaft de Leipzig - s’efforcera de reconstituer pour nous les éléments d’une mosaïque disparue, mais ô combien attachante.

Les six suites pour violoncelle seul de Johann Sebastian Bach restent dans l’histoire de la musique un monument qui sublime l’instrument d’assonance italienne. Composées à Köthen dans les années 1722 - où Bach est maître de chapelle à la cour du prince Léopold d‘Anhalt-Köthen -  le violoncelle n’a pas encore supplanté la viole de gambe dans la pratique instrumentale des cordes graves. De forme stricte, elles prennent modèle sur la suite de danses française, mais dépassent ce cadre dans leur construction musicale pour sublimer les possibilités du nouvel instrument à quatre cordes - et cinq pour la dernière suite du cycle -. Leur destination reste inexpliquée, même si ces suites seraient écrites pour un cercle intime familial ou pour des élèves…

En ouverture du festival May be Bach, Maguelonne Carnus-Gourgues et Hager Hanana ont choisi de présenter cette intégrale sur des violoncelles montés à l’ancienne, avec cordes en boyaux, pour donner à entendre ces œuvres comme sorties de leur écrin originel, et de rendre toujours vivante la musique ancienne.

C’est à Köthen, principauté calviniste du centre de l’Allemagne, où la musique est interdite au culte dominical, que Bach compose ses plus brillantes œuvres orchestrales, pour la cour du prince-mécène et excellent musicien Léopold d‘Anhalt-Köthen entre 1717 & 1723. Dans ce formidable laboratoire musical, Bach explore avec une allégresse créative et en toute liberté son art, affirmant avec une variation instrumentale hors du commun la forme concerto qui se développera jusqu’à nos jours. Naîtront à Köthen les suites pour violoncelle, les sonates et partitas pour violon, les concertos brandebourgeois ou les concertos pour violon entre autres…

Nous ne savons pas précisément quels furent les destinataires de ces œuvres, même si nous supposons qu’il s’agit de l’entourage du maître de musique ; familial, étudiant, princier… averti en tout cas, au vu de la virtuosité ou de la complexité des partitions. 

Un florilège que le collectif Les Saôneurs au grand complet vous fait découvrir avec un enthousiasme non dissimulé !

Johann Sebastian Bach nous émerveille encore aujourd’hui par la profondeur de sa musique. Cela ne vient pas de nulle part : on sait qu’il a recopié beaucoup d’œuvres tout au long de sa vie, car les partitions d’auteurs contemporains et anciens circulaient abondamment en son temps. Toutes ces musiques tant allemandes qu’italiennes ou françaises l’ont intimement influencé et ont forgé les bases de son propre style.
Les ruisseaux qui mènent à Bach est un récital de la claveciniste franco-japonaise Kaori Yugami, membre fondatrice des Saôneurs, qui met en lumière les parentés entre la musique du cantor et celle de ses modèles. Au gré d’une promenade musicale entre France et Allemagne vous pourrez y entendre non seulement ses propres œuvres mais aussi celles de ses prédécesseurs ou de ses contemporains - Louis Couperin, Froberger, Buxtehude et Reincken -, comme pour illustrer la multitude des petits ruisseaux qui ont mené à lui - Bach signifiant « ruisseau » en allemand - un voyage à travers l’Europe au fil du temps.

On connait bien le talent d‘organiste et de claveciniste de Johann Sebastian Bach qui maîtrisait les instruments à clavier à la perfection, selon les écrits de ses contemporains.
Mais il chantait aussi, jouait de la viole de gambe et encore plus volontiers du violon. 
Le duo Cordes-Liées, formé par Enesh Dzhanykova et Pierre-Baptiste Brioude, nous propose de feuilleter un manuscrit imaginaire qui aurait pu se trouver dans la bibliothèque du cantor de Leipzig, à la disposition des membres du foyer. Car les moments de distraction de la famille Bach se passaient rarement de musique.
Les auteurs choisis sont des maillons fondamentaux de la culture violonistique de l‘époque, et il ne serait pas étonnant que Bach, en homme éclairé, parfaitement informé de ce qui se pratiquait en son temps, les ait joués lui-même. Comme une source qui aboutira à la composition des fameuses Sonates & Partitas pour violon seul.

Le vent est un souffle, la flûte en est le son...

Les sonates pour flûte traversière et clavecin de Johann Sebastian Bach ne forment pas un corpus cohérent comme celles pour violon ou pour viole de gambe, mais semblent plutôt avoir été composées au gré des rencontres. Elles témoignent de l’évolution de l’art du cantor de Leipzig au gré des années 1724 à 1741 - alors qu‘il était musicien d‘église - que ce soit la célèbre sonate en si mineur savamment construite dans le style contrapunctique, ou la gracieuse sonate en Mi Majeur qui explore les contours du style galant en vogue à la cour de Prusse. Il est probable qu‘elles aient été composées pour des interprètes emblématiques de ce temps, comme l‘illustre français Buffardin, ou encore pour Michael Gabriel Fredersdorf, confident et agent secret du roi  Frédéric II, tous deux amateurs virtuoses passionnés par la flûte.

La chaleur du jeu d‘Amélie Michel, professeure au CNSMD de Lyon, et la clarté de François Guerrier, délégué artistique du collectif les Saôneurs nous promènent, au gré de leur fantaisie, dans l’univers chaleureux de la flûte traversière baroque, ancêtre de la flûte moderne, pour retrouver tant sur la forme que par les sonorités, l’essence même de la musique chambriste du XVIIIème siècle.  Un rare moment d’intimité…
 

Carte blanche à Pierre HantaïL

Peut-être Bach ?

Il faudra passer le porche de la chapelle de l‘Hôtel-Dieu au soir du mardi 21 mai pour le savoir !

En conclusion de cette première édition du festival May be Bach, le claveciniste Pierre Hantaï réservera jusqu‘au dernier moment la surprise complète de son programme. Une véritable philosophie où l‘artiste décide des œuvres qu‘il joue au fil de l‘inspiration, sur l‘instant, en dialogue perpétuel avec son public.

Orphée du chant du clavecin doté d‘une fantaisie électrique, celui qui a poussé l‘art du récital à son apogée nous rendra visite à Lyon pour un moment d‘exception !

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Pour la saison d’hiver 2023-2024, nous avons traversé la Saône et vous avons donné rendez-vous sur la colline de Fourvière à l’Antiquaille, accueillis par l’ECCLY - Espace Culturel du Christianisme à Lyon. Haut lieu de l’histoire lyonnaise depuis l’antiquité - cachot présumé de St-Pothin en 177, maison de l’humaniste Pierre Sala à la Renaissance, couvent de la Visitation du XVIIème siècle à la Révolution, puis hôpital rattaché aux Hospices-Civils-de-Lyon jusqu’en 2003, l’Antiquaille conserve la Chapelle des Visitandines à l’épure inspirante. Nous vous donnons rendez-vous en novembre 2024 pour nos seconds Quartiers d'hiver, et espérons que cette blanche chapelle résonnera de nouveau en harmonie avec le collectif Les Saôneurs et nos invités.

les 4èmes mardis > 20h30

Téléchargez la brochure 2023-2024

Quartiers d'hiver à L'Antiquaille

À travers leur nouveau programme Garance Boizot & Louise Bouedo du Duo Belombre s’amusent d’une lecture au pied de la lettre des fameuses suites de Johann Sebastian Bach. Elles construisent un jeu de miroirs entre des transcriptions de certaines de ces suites - initialement destinées au clavecin - et d’autres suites de compositeurs anglais du 17ème siècle.

Il nous sera plus qu’aisé de jouer au jeu des sept différences que d’en chercher les affinités électives ! Mais, à travers cette proposition à deux basses de violes dans laquelle l’écriture de Bach dialogue avec celles de John Jenkins et de Matthew Locke, vous entendrez certainement de subtiles similarités dans le contrepoint et l’ornementation.

 

Souvenons-nous que Johann Christian Bach - le Bach de Londres - disait des suites de son père, qu’elles furent composées pour les Anglois

Et le luth le meilleur qu’il mist onc en escharpe. Cet alexandrin lyrique de Ronsard dépeint les talents d’Alberto da Ripa - francisé Albert de Rippe - virtuose incontesté qui devient en 1528 joueur de luth du roi François 1er puis de Henri II.

 

Alors le jeune luthiste Gabriel Rignol parcours la Renaissance, mêlant des personnages qui auraient pu se croiser sur les terres de la Dombes, à l’est de la Saône, offertes par François 1er à Rippe ; comme l’autre grand luthiste de sa génération - Il divino -  Francesco da Milano ou l’éditeur et musicien Pierre Attaingnant.

 

Si Rippe et da Milano furent en juin 1538 de la Rencontre de Nice entre le pape Paul III, François 1er et l'empereur Charles V, Rippe joua aussi devant Henry VIII, roi d'Angleterre, en février 1529, ce qui nous mène au crépuscule du luth renaissant, celui de John Dowland qui servait la dernière des Tudors, Elisabeth 1ère.

14 février 1613 - au palais de Whitehall à Londres, lors d’un bal organisé pour le mariage de la princesse Elisabeth, le roi Jacques 1er Stuart offre à sa fille adorée, surnommée La Reine de Cœur et connue pour son esprit, sa grâce, sa beauté et ses talents de claviériste, un livre de partitions qui lui est dédicacé - Parthenia - composé d’œuvres de Bull, Gibbons et Byrd.

Ce recueil s'inscrit dans la tradition anglaise de compilations destinées à l’aristocratie, tout comme le Queen Elizabeth's Virginal Book - connu aujourd’hui sous le nom de Fitzwilliam Virginal Book - ou le Dublin Virginal Manuscript, datant tous du début du XVIIème siècle.

 

C’est ainsi que le claveciniste colombien Pablo De Vega s’empare de cet immense corpus pour imaginer Le Bal du Cœur, comme un instant suspendu de danses anciennes, tendres, langoureuses, brillantes ou pleines d’énergie.

Le couvent viennois des Frères mineurs - Minoritenkonvent - renferme un très grand nombre de partitions. Parmi celles-ci, le manuscrit MS.XIV 726 est un vaste recueil de cent deux œuvres pour violon et basse continue composées par des musiciens de Bohême et d'Autriche du XVIIème siècle, tels que Heinrich Ignaz Franz von Biber ou Jan Ignác František Vojta entre autres, mais aussi de nombreuses pièces de compositeurs anonymes.

Le programme présenté en ouverture des deuxièmes Quartiers d’hiver du collectif des Saôneurs, comprend cinq pièces tirées de ce manuscrit et en création française Absalon fili mi du compositeur japonais Takuya Nemoto, ancien élève du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, œuvre dédié au duo Minoriten composé de Minori Deguchi, violon  et Asako Ueda, théorbe

En 1830, à 37 ans, après une vie bien remplie à courir les opéras d’Europe, Gioachino Rossini - star parmi les stars - l’italien s’embourgeoise et délaisse l’orchestre pour les pianos de sa villa de Passy où il reçoit le tout Paris chaque samedi, 38 années durant, pour des agapes dignes de sa réputation de chef et de grand gourmand !

C’est ainsi que Hager Hanana, violoncelle, et Michaël Chanu, contrebasse, nous convient à un banquet musical dont le menu trois étoiles, sucré-salé, égraine entrée baroque de Vivaldi, plats classiques de Boccherini et Dragonetti, liqueurs romantiques de Goltermann - souvenirs de Bellini - et dessert flamboyant du maître de maison pour Une soirée inoubliable chez… Rossini !

De l’élégance de l’âge d’or élisabéthain d’outre manche, en passant par l’Allemagne galante, la poésie impressionniste française ou les ardeurs et la nostalgie de l’Espagne du XIXème siècle, Bergamasque, duo formé en 2020, nous fait voyager à travers les styles donnant ainsi à (re)découvrir la guitare classique entérinant l’affinité tant humaine qu’artistique entre Gabriel Dubois et Guillaume Gibert.

Le répertoire pour deux guitares s’en trouve profondément élargi pour que nous, public averti ou non, nous laissions porter sans lassitude d’un univers à l’autre, guidé en cela par la richesse des couleurs, l’équilibre des sonorités, la fraîcheur, la complicité et la passion chambriste des interprètes, en toute simplicité.

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